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Fiscalité des presbytères : mise au point nécessaire
Montréal, le 15 décembre 2025 — À la suite de l’enquête publiée par La Presse sur l’application des exemptions fiscales accordées à certains presbytères, ainsi que des réactions subséquentes de la ministre des Affaires municipales, le Réseau Évangélique du Québec juge important d’éviter les amalgames et de rétablir certaines distinctions essentielles.
Le Réseau Évangélique du Québec rejoint l’indignation exprimée par de nombreux citoyens et acteurs sociaux devant les situations problématiques mises en lumière par l’enquête journalistique. Les cas d’abus, d’erreurs manifestes et de situations incompatibles avec l’esprit et la lettre de la loi sont inacceptables et doivent être corrigés. À cet égard, le Réseau Évangélique du Québec réaffirme clairement son attachement au respect des lois et des règles fiscales en vigueur.
Concrètement, le Réseau Évangélique du Québec s’engage à jouer entièrement son rôle auprès de ses membres en diffusant une information claire, rigoureuse et à jour sur la bonne application du cadre légal, afin de favoriser une conformité réelle et durable sur le terrain. Les communautés et ministres concernés demeurent, pour leur part, responsables de l’application concrète de ces exigences dans leurs pratiques respectives.
Par ailleurs, le Réseau Évangélique du Québec se dit pleinement disposé à collaborer avec le gouvernement du Québec, les municipalités et la fonction publique afin de contribuer à une compréhension partagée du cadre juridique applicable et à une application cohérente de celui-ci. Une telle collaboration est essentielle pour prévenir les abus, corriger les situations non conformes et préserver l’intégrité du régime fiscal.
L’enquête met toutefois en lumière un enjeu plus large et plus structurel : une méconnaissance persistante non seulement du cadre juridique entourant les presbytères, mais aussi de leur utilité sociale et de la réalité concrète du travail d’un ministre du culte. Cette méconnaissance ne relève pas d’un seul acteur ; elle se manifeste à la fois chez certains bénéficiaires, dans les mécanismes administratifs de suivi et dans le traitement public de la question.
Pour de nombreux ministres du culte, la résidence associée au ministère ne constitue pas simplement un domicile privé. Elle est souvent un lieu d’accueil, d’écoute, d’accompagnement pastoral, de soutien en situation de crise et de service communautaire, utilisé bien au-delà des heures normales de travail et sans distinction nette entre vie personnelle et responsabilité ministérielle. Cette réalité humaine et sociale, bien ancrée sur le terrain, mérite d’être reconnue et prise en compte dans l’analyse collective.
Le Réseau Évangélique du Québec tient également à souligner le manque d’équilibre observé dans le traitement médiatique du dossier et dans certains propos publics. En assimilant des cas marginaux ou problématiques à l’ensemble des communautés religieuses, on occulte la réalité de nombreux ministères et organismes qui utilisent cette disposition conformément à l’intention du législateur au moment de sa création.
Rappelons enfin que cette mesure visait à corriger une iniquité historique entre les communautés disposant d’un presbytère institutionnel et celles dont les ministres doivent assumer personnellement les frais de logement, tout en exerçant des fonctions publiques, spirituelles et sociales essentielles. La remettre en question sans distinction ni analyse fine risque de pénaliser injustement des acteurs qui agissent de bonne foi et contribuent concrètement au bien commun.
Le Réseau Évangélique du Québec appelle donc à une discussion fondée sur les faits, le droit et la réalité du terrain, où chacun assume son rôle. Corriger les abus est nécessaire. Préserver l’équité et reconnaître les pratiques légitimes l’est tout autant.
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Pour des commentaires ou des entrevues :
M. Corentin Messina
Directeur des communications et des relations publiques
c.messina@reseauevangeliquequebec.org