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Le Réseau évangélique du Québec (REQ) exprime sa vive préoccupation devant les récents développements touchant la liberté religieuse au Québec, notamment l'interdiction d'un rassemblement chrétien à Québec et la mise à l'amende d'une église à Montréal.
« Le passage de M. Feucht au Québec aura peut-être été bref, mais la liberté religieuse en aura pris un coup. L'État s'autorise désormais à censurer des événements religieux sur la base d'une appréciation morale de leurs contenus possibles ou des opinions religieuses ou politiques de ses promoteurs. » — Louis Bourque, Président du REQ.
Le REQ tient tout d’abord à se distancer franchement de M. Feucht, dont le ministère est entaché par des allégations sérieuses et des controverses financières. Il ne nous représente pas.
Pourtant, par la force des choses, c'est notre communauté qui se retrouve associée à ce type d'événement, et c'est elle qui en subira les conséquences longtemps après son départ.
Si la critique d'idées est légitime en démocratie, leur censure par l'État constitue une dérive grave. L’annulation de concerts de louange motivés sur la base des opinions politiques et religieuses du chanteur par des agents de l’État soulèvent de sérieuses questions sur la neutralité religieuse de l’État, principe phare de la Laïcité.
Le REQ déplore entre autres :
À Québec :
L'usage extensif et préventif de la notion de « discours haineux », qui devrait rester une infraction prévue et jugée en droit, non une catégorie morale arbitrairement appliquée par des fonctionnaires.
L'expulsion croissante des expressions religieuses de l'espace public, au nom de principes à géométrie variable, en contradiction avec l'esprit de la laïcité.
La justification de cette censure sur la base de «valeurs fondamentales» constitue une tendance inquiétante, qui rétablit, sous une autre forme, les lois interdisant le «blasphème».
À Montréal :
L'imposition d'une amende à une église pour une soirée de louange dans ses locaux, requalifiée en « spectacle » par la Ville. Un tel déclassement révèle une incompréhension manifeste du religieux.
La tentative d’interruption d'un service religieux pacifique par un individu ayant lancé des bombes fumigènes, sans dénonciation par les autorités de cet acte criminel (voir Art. 176 du Code Criminel).
« Ce qui se dessine, c'est une apparence de traitement à deux vitesses de la liberté d'expression : ce qui choque certains devient condamnable, alors que ce qui viole concrètement la loi est relativisé s'il vise des gens qui ont des opinions différentes. » — Louis Bourque
Le REQ rappelle que la Charte canadienne protège la liberté de religion, d’expression et d’association pacifique. Ces protections s’applique particulièrement aux opinions impopulaires ou minoritaires, puisque les opinions majoritaires ont rarement besoin d’être protégées. Ce fait inclus aussi l’éthique sexuelle telle que spécifié dans le préambule de la Loi sur le mariage civil (2005), qui légalisait au Canada le mariage homosexuel il y a 20 ans et qui soulignait qu'« il n'est pas contraire à l'intérêt public d'avoir des opinions variées sur le mariage et de les exprimer publiquement ».
Le REQ appelle les autorités publiques à réaffirmer leur engagement envers l'État de droit et à protéger la liberté religieuse, même lorsqu'elle dérange. La liberté religieuse n’est pas une menace à notre démocratie, elle en est une condition.
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